Spécificités corses.

Cloisonnement géographique et grands écarts historiques.

La géographie se signale par un cloisonnement dont résulte un relief tourmenté où les voies de communications sont difficiles. Deux exemples ; d’aller d’Aullène à Moca-Croce ; 7 kms à vol d’oiseau mais à pied, voire à cheval, mieux vaut de prévoir y passer la nuit, à destination. A la césure entre Aullène et Serra l’Alta Rocca dévale vers Propriano et la Rocca vers Porto-Vecchio. C’est la réalité qui explique la diversité des structures foncières et sociales, des  dialectes, des fromages sans entacher toutefois l’unité profonde îlienne qui s’est manifestée dans l’Histoire.

 

Histoire :

j’ai la tentation de faire bref mais, à partir du moyen âge, les diverses forces politiques et/ou militaires qui ont sévi en Corse ont peu apporté aux populations îliennes. Le pape, Pise, Gènes pour ne parler que de celles-là. Mais surtout Gènes qui ne s’est signalée que par son manque d’intérêt qui n’allait pas sans intérêts, ceux du tribut fiscal qu’elle tirait des faibles capacités de l’île.

Ainsi fut maintenue quasiment en l’état l’organisation sociale ancienne corse avec ses particularités ; organisation en communautés villageoises fonctionnant sur la démocratie basique et directe de l’arringu soient ;

maintien des territoires anciens et droits de passage, économie agri-pastorale qui -à partir de quand, sur quelle période ? - exploitait le territoire de montagne et faisait accompagner l’hiver le bétail -gros bétail pour les agriculteurs- en bord de mer ; communauté du foncier; vendetta -qui finira par évoluer en pur banditisme.

La Corse semble en fait isolée sur le plan de l’Histoire telle qu’elle se manifeste sur l’ensemble européen par la féodalité, organisation sociale que Gènes a combatu sur ce Qua y monti qu’elle désignera, par besoin stratégique sous l’appellation de ‘Terre des seigneurs’. Je parlerai d’une page blanche totalement sujette à interprétations sur un mode anthropologique.

Pour la région de ce qui deviendra la Munacia -pas de accia, il faudrait y revenir- Gènes s’appuiera sur ce Bonifacio auquel, pour assurer sa capacité militaire sur des bases économiques suffisantes et certaines, elle donnera la maîtrise de tout Pian d’Avretu, renforçant sur ce petit territoire l’effet de fond d’éprouvette, pour parodier les chimistes.

Je fais donc là, l’hypothèse de deux populations en contact difficile, l’une d’agriculteurs montagnards qui déléguaient à quelques gens le soin de leur bétail qui ne trouvaient de quoi pacager qu’en bord de mer, l’autre de fermiers cultivateurs en contrat avec Bonifacio pour exploiter les terrains de bord de mer. Cette organisation, génératrice de conflits, empira lorsque Gènes, pour ses propres besoins fiscaux, lança sa politique des ‘cinq arbres’ -olivier, murier, châtaigner, amandier, noyer- qui exigeait un partage des terres en grandes propriétés par nature opposées aux droits de passage. Cette brutale modification d’un ordre déjà difficile à maintenir déclencha la première révolution corse et met fin à cette page blanche pour l’île et notre Pian d’Avretu.

 


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