Parce qu'il y avait des gens...
Dits des Veccjii – les anciens.
Le droit des aullènois sur le territoire de la Munacia,
vaste espace de plusieurs lieux-dits, entre Roccapina et la limite de
Pianottoli -Zirubia dans le procès verbal- à la limite sud du lieu-dit Bruzzi.
Mon père
Dans le temps, à Munacia, pour tromper les pêcheurs
bonifaciens, les aullènois couvraient côté mer avec de la paille, coté montagne
avec des tuiles.
Pas de réelle mention dans une période singularisée par un
contexte de relation avec les autres possibles populations et surtout
Bonifacio. Il faut interpréter. Si c’était seulement pour échapper aux regards,
les aullènois auraient pu couvrir les deux pans avec de la paille… alors les
tuiles auraient un autre sens, celui de pérenniser le droit du construit. Et
cela aurait eu lieu avant les années de dispute territoriale mais après l’entreprise
de Gènes de créer de grandes propriétés vouées à la monoculture et donc
fracassant l’ancienne société de source tribale.
Mon père et bien d’autres.
Souvent entendu : Munacia aurait été fondé par
300 familles.
Vous, les Pitrazzini, venez de la Fossa.
Réalités : le procès-verbal permet de recenser 293
familles. Et un terrain a fait partie de l’héritage de mon père situé Ghiargala
di Scopa -ravin de la rivière bordée par le lieu-dit qui fait partie de la
Fossa. On dit aussi Vadi Scopa.
Vox populi : la pierre du lavoir de Frisedda serait
celle d’un caseddu appartenant aux
Pitrazzini au lieu-dit Vadi Scopa.
Là on peut caler dans le temps. La révolution a éliminé le
droit féodal qui faisait de Bonifacio -suite convention avec Gènes- le maître
de tout Pian d’Avretu et Mezza Muntagna. Cela a permis le partage de 1829. Mais
la question reste ; pourquoi le partage ? hypothèse : le monde a
évolué, le champ des échanges s’élargit, comme celui des espoirs de destinées.
Le système de troc est devenu obsolète -il en substera quand même quelques
traces. Il faut du numéraire. Ceux qui ont lu le document savent que le principe
de partage était d’assurer une surface de propriété assurant un revenu
suffisant au chef de famille.
Questions ouvertes :
Souvent entendu… Vincent di Minneddu :
Munacia aurait du être construit au pont de la Pulmona. Hypothèse :
le trajet des transhumances avant la construction de la route de Sartène par
Roccapina était un sentier muletier qui a varié -on parle encore de
Tragghjiettu Novu, nouveau trajet. Mais de toutes façons il était obligé de traverser
le territoire des vergers des sgio de Santa Lucia di Tallà. Le droit de passage était inscrit mais bien sûr contesté
par les tallanais. Il y a eu des affrontements ; ce a peut-être été la
source de l’incident qui nous a valu, nous, auddaninchi, la réputation de
mauvais coucheurs et le surnom de Capitusi. Donc à un moment ces sgjio ont
lancé l’idée d’un regroupement à la Pulmona, sur le territoire de Sartène. Je vous
laisse le soin d’imaginer la suite que cela aurait donné.
Nombre de familles ont encore en mémoire d’être ‘venus de
tel lieu-dit’ ce qui témoigne que Munacia ne s’est constitué que plus tardivement
par rapport au partage comme le signalent les divers plans du village des
années 1840 où n’apparaissent que le hameau de Frisedda et quelques maisons
éparses à la caserne, à la Tegghjia et au Ritundulu.
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